Revue de presse 2007

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Le week-end de l'Ascension marque le lancement des Moments Musicaux de Touraine 2007. Pour les amoureux de musique de chambre, c'est l'occasion d'une escapade à quelques kilomètres de Tours afin d'entendre des musiciens de premier ordre : le quatuor Rosamonde, Lise Berthaud, Pierre Fouchenneret, etc. De plus en plus souvent, des organisateurs de festivals délaissent la période estivale, surchargée, au profit du printemps et de l'automne. Un exemple en est offert par les Moments Musicaux de Touraine. Partagé entre mai et septembre, c'est attachant festival débute avec le week-end de l'Ascension et fait la part belle à la musique de chambre et aux interprètes français. Haydn, Mozart et Schubert sont au programme du concert inaugural du quatuor Rosamonde, auquel se joint une superbe altiste de la jeune génération, Lise Berthaud, pour l'un des quintettes à cordes de Mozart.
La tonalité se fait romantique le lendemain puisque Beethoven, Brahms et Schumann occupent David Guerrier. Le célèbre jeune trompettiste français est aussi un corniste accompli et c'est avec cet instrument qu'on le retrouve, aux côtés d'Olivier Moulin (piano) et François Payet-Labonne (violon), dans le superbe et trop rare trio avec cor op.40 de Brahms, entre autres.
Violoniste très prometteur, né en 1985, lauréat de la fondation Natexis, Pierre Fouchenneret est un ancien élève d'Olivier Charlier au CNSM de Paris où il a obtenu son 1er prix de violon dès l'âge de 16 ans. Avec Nicolas Mallarte au piano, un éclectique récital Mozart, Brahms, Sarasate et Franck donnera la mesure des qualités de ce jeune archet.
Que les mordus de la musique baroque ne s'inquiète pas, ils n'ont pas été oubliés ! Ils leur faut juste attendre les 15, 16 et 22 septembre pour retrouver Pierre Hantaï en solo ou en duo avec la violoniste Amandine Beyer ainsi que les Musiciens de Touraine
(Alain COCHARD)

Du bonheur avant tout.

Vif succès pour la 4ème édition des Moments Musicaux de Touraine. Jeudi de l'Ascension : premier rendez-vous. Tout commence par une découverte pour beaucoup. Celle du prieuré de Lavaray. Un bijou de pierre, niché dans la campagne quelque part entre Fondettes et Saint-Roch, à l'écart des routes et du temps.
La météo n'est pas au beau fixe, mais le soleil, lui, brille dans la grange dîmière comble, avec le quatuor Rosamonde rejoint par l'altiste Lise Berthaud pour le quintette à deux altos de Mozart. Sous la charpente de bois, dans la douceur du moment, du bonheur tout simplement. Pas de pathos inutile, ni d'effets superflus, juste la musique habitée qui parle d'elle-même. Fruit subtil que seuls cueillent les grands ensembles.
Vendredi soir, sous les solides voûtes de l'église de Cinq-Mars-la-Pile, la musique avait rendez-vous le corniste David Guerrier, le violon ardent et délicat de François Payet-Labonne (élégante 1ère sonate de Beethoven et vigoureux scherzo de Brahms) et le piano d'Olivier Moulin.
Quelques mots d'explication pétris de passion et d'humour par le corniste, victoire de la Musique 2007, avant de faire sonner un cor chromatique du XIXème siècle, brillant, suave dans la Romance et Allegro de Schumann et de pimenter le trio op. 40 de la somptueuse sonorité du cor naturel que réclamait Brahms avec insistance.
(Philippe HALLER -La Nouvelle République - 22 mai 2007

Deux beaux " Moments " de Musique

Pour deux concerts, les Moments Musicaux retrouvaient en " week-end du patrimoine " l'écrin du prieuré de Lavaray, à Fondettes.
Samedi, dans la grange, six sonates de Mozart proposées par le duo Amandine Beyer-Pierre Hantaï y sonnaient avec un volume idéal pour l'oreille et l'oil.
Avec le piano-forte, le violon trouve un équilibre, comme naturel, qui permet les plus fines nuances. Chez Amadine Beyer sont visibles sourire et plaisir du son ; chez Hantaï une introspection très concentrée montre une volonté de perfection toujours remise en cause : le contraste dans les attitudes physiques des deux musiciens n'empêchaient nullement une belle unité stylistique ! La fantaisie de Mozart en bénéficiait dans ces pages finalement peu fréquentes en concert et pourtant très riches de beautés et de surprises : le programme était aussi admirablement composé !
Dimanche, Pierre Hantaï était au clavecin pour Bach et Scarlatti. Là encore, un florilège superbe. Il s'y montrait aussi à l'aise dans les pièces très écrites (fugues) que dans les quasi improvisations (préludes ou la remarquable toccata en mi). Il surprenait pas l'intériorité de la sarabande (suite anglaise) ou plus tard, dans le chant profond de l'allemande en ré (malgré un clavier manquant un peu de rondeur).
Mais il se surpassait dans la rythmique échevelée et la vélocité débridée : bourrée et gigue de la suite par exemple.
Avec Scarlatti les mêmes qualités, virtuosité et lumière italienne en plus avec un soupçon d'Espagne comme dans la sonate K. 175, somptueux point culminant final. Pas tout à fait final, car il ne fallut pas moins de quatre bis pour répondre à l'accueil du public. Il y a comme cela des " moments " exceptionnels.
(Dominique SAUR - La Nouvelle République - 19 septembre 2007) 

Fin d'été à Venise

Avec les Moments Musicaux de Touraine soufflait comme un air de Venise dans l'église de Restigné. Du soleil à la fin de l'été.
Il flottait un parfum d'amitiés entre les notes de ce voyage à Venise auquel les Moments Musicaux avaient convié, en cette fin de saison, de jeunes-anciens du Conservatoire de Tours.
Si leurs instruments les mènent vers des horizons parfois lointains, samedi, dans l'écrin de pierre blonde de l'église de Restigné, pour quelques moments, le violon de Marc Vieillefon cheminait avec l'alto chaleureux de Michel Perrin, croisait le violoncelles de Thibaud Verbe et le clavecin de Danièle Bayeux voguait avec un bouquet de musiciens de talent sur les ondes du grand canal.
Comédien, Hubert Chevalier, se fait guide pour la ballade : l'anecdote coule à flots et la poésie à pleins verres, pimentées de clins d'oil musicologiques délicieusement irrévérencieux.
Pour ce point d'orgue de la cuvée 2007 du festival, Vivaldi fait bondir les archets, grincer les frimas de " L'Hiver " et pétiller le jeune talent de la flûtiste Jessica Belin ; Corelli berce la musique de rêve ou la fait bouillonner dans une tempête galante, et la trompette d'Arnaud Juchault parle au son de Marcello de faste et de gloire. Mais alors que la cité des doges où " l'on vit, prie, pleure et aime en musique " resplendit de l'or de ses fêtes, avec le quatuor " Chrysantémie " tendu de deuil, Puccini rappelle qu'aussi on meurt à Venise.
Et par une dernière bourrasque de virtuosité sous les doigts de Marc Vieillefon, décoiffant le prêtre roux dans la lumière du soir qui caresse les stucs colorés en ce 22 septembre, les Moments Musicaux ensoleillaient la fin de l'été.
(Philippe HALLER - La Nouvelle République - 25 septembre 2007)


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